Et, euh… On peut le relire son article ?

ByAnnelies Baeten

Et, euh… On peut le relire son article ?

S’il s’agit d’une question fréquemment posée, elle n’est cependant pas toujours traitée correctement. Soyons clair : bien sûr, vous avez le droit de la poser… mais vous devez toutefois être conscient du fait que la plupart des journalistes la trouveront dérangeante. En plus de lui donner l’impression que vous voulez le contrôler, elle peut également représenter une contrainte de temps, qui vient s’ajouter à des échéances quotidiennes déjà bien serrées.
Il sera donc parfois possible de relire, mais certainement pas toujours. Comment vous préparer ?

Posez la question en amont

Pour les interviews qui s’annoncent “difficiles”, en raison d’un sujet sensible par exemple, il est préférable de demander avant que l’interview n’ait lieu si l’article pourra être relu. En fonction de sa réponse – le journaliste peut bien entendu refuser – vous pourrez évaluer la situation et décider de procéder, ou non, à l’interview.
Une fois l’entrevue terminée, il sera beaucoup plus difficile de soulever la question, et donc de vous assurer une relecture du texte. N’oubliez pas qu’un journaliste qui vous permet de relire son article vous fait une faveur. Assurez donc vous bien que chaque suggestion ou remarque est pertinente. La personne interviewée a fait une déclaration malheureuse lors de l’entretien ? C’est bien dommage, mais vous ne pouvez plus l’effacer. Il est en effet très difficile d’apporter des modifications à une citation. Il convient de ne demander un changement qu’en cas d’informations factuelles incorrectes. Quiconque tente de changer le ton d’un article se risque à une mauvaise réputation auprès du journaliste, voire de l’ensemble de sa rédaction. De plus, cela sera perçu par l’auteur de l’article comme de la mauvaise foi et blessant, ce qui ne profitera certainement pas à votre relation avec lui. Ne comptez pas sur un nouvel entretien de sitôt….
Vous n’êtes pas d’accord avec l’approche choisie et vous craignez les réactions et questions de vos employés ou actionnaires ? Grâce à cette lecture anticipée, vous aurez l’occasion de préparer vos réponses. Attention : si un journaliste vous confie son papier, réagissez plus vite. Il n’y a rien de pire que d’avoir à attendre une réponse.  

Tout est une question d’équilibre

Si le journaliste accepte que son article soit relu avant publication, il s’engage, par définition, à tenir compte des commentaires éventuels. Si certains faits ou chiffres sont déformés, le journaliste est tenu de les adapter. Êtes-vous vraiment en désaccord avec le texte ou estimez-vous que le journaliste n’a pas compris un certain aspect ? Décrochez votre téléphone et discutez-en calmement avec lui. Prenez le temps d’échanger et cherchez ensemble un compromis et un bon équilibre entre vos deux points de vue.

Tout est dans la préparation

Vous planifiez un entretien avec un journaliste ? Vous l’aurez compris : la relecture d’un article n’est pas une solution miracle pour vous dépêtrer des situations problématiques qui pourraient découler de cette publication. Bien se préparer reste la règle d’or. Déterminez à l’avance vos messages clés afin de savoir exactement ce que vous voulez dire. Des propos manquant de cohérence ne facilitent pas la tâche du journaliste. Si vous avez une histoire claire en tête, vous avez davantage de chances de retrouver cette même histoire dans l’article. Réfléchissez à l’avance à d’éventuelles questions sensibles et à la manière dont vous les aborderiez. Préparez-vous en participant à des jeux de rôle ou en suivant un médiatraining.

Win-win

Le plus important, c’est que le journaliste, autant que vous, soyez satisfaits du résultat. Une interview devrait être un win-win pour les deux intervenants.

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